mardi 23 novembre 2010

Essai d'un nouveau procédé de traitement des sols contaminés






(Valcartier) Québec octroie une aide de 278 000 $ à l'entreprise Tecosol pour faire l'essai, à la base militaire de Valcartier, d'un nouveau procédé qui permet de traiter les sols contaminés par les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et les métaux lourds. Il n'existe aucune technologie de traitement pour ce type de sol qui soit accréditée par le ministère du Développement durable. La seule façon d'en disposer est de les enfouir dans un lieu sécuritaire, sans aucun traitement, explique le directeur de Tecosol, Pierre Dufresne. «Comme entreprise soucieuse de protéger l'environnement, on se doit de participer au développement de solutions durables pour traiter ces sols, au lieu d'enfouir ces contaminants, comme on le voit trop souvent.»



Une des difficultés avec les cas de contamination aux métaux lourds, c'est que les sols contiennent aussi des hydrocarbures, et qu'il faut procéder à deux séries de traitements. Le projet de Tecosol permettra de tester, à l'échelle réelle, le procédé Organométox, mis au point à l'INRS, qui permet de traiter, en une opération, tant les contaminants organiques (HAP) que les métaux lourds.


Un premier test, réalisé sur quatre tonnes de matériaux, a été fait avec succès dans le Parc technologique de Québec sur des sols provenant de la Défense nationale. Cette nouvelle phase vise à traiter 100 tonnes en quatre mois.



Tecosol s'est associée en 2009 à l'Institut national de la recherche scientifique pour commercialiser le procédé au Canada, aux États-Unis et éventuellement en Europe. Des demandes de brevet ont été déposées pour tous ces marchés.




Première canadienne
Ce projet est une première canadienne. Il intéresse la Défense nationale, mais aussi les autres ministères, au fédéral comme au provincial, indique Claude Langlois, chef de la section environnement pour le Québec, au ministère de la Défense nationale. «Le gouvernement fédéral a lancé un programme de restauration en cours, pour des travaux qui s'étaleront jusqu'en 2020.»



La contamination provient de l'activité industrielle comme militaire, précise-t-il. On a même découvert des HAP dans les champs de... tirs aux pigeons d'argile. «Le liant utilisé pour fabriquer le pigeon d'argile contient du HAP, au point où la pratique a été abolie à Valcartier depuis 2005», explique M. Langlois. Il s'agissait essentiellement d'une activité récréative, a-t-il précisé.



Enfin, selon le professeur Guy Mercier, de l'INRS, il s'est traité ou enfoui 400 000 tonnes de sols contaminés au Québec en 2005.



«On doit pouvoir traiter les sols à moindre coût que l'enfouissement, dit-il. C'est un marché mondial en explosion. On vient d'octroyer un contrat de 400 millions $ pour traiter un million de tonnes en Nouvelle-Écosse, alors qu'au Waterfront de Toronto, des compagnies sont en phase de démonstration pour obtenir un contrat portant sur le traitement de deux millions de tonnes de matériaux contaminés. Si on ne développe pas nos propres outils, on va devoir payer pour des technologies venues d'ailleurs.»
Source: Le-Soleil – Mon, 15 Nov 2010 16:35 EST, Essai d'un nouveau procédé de traitement des sols contaminés