
(Valcartier) Québec octroie une aide de 278 000 $ à l'entreprise Tecosol pour faire l'essai, à la base militaire de Valcartier, d'un nouveau procédé qui permet de traiter les sols contaminés par les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et les métaux lourds. Il n'existe aucune technologie de traitement pour ce type de sol qui soit accréditée par le ministère du Développement durable. La seule façon d'en disposer est de les enfouir dans un lieu sécuritaire, sans aucun traitement, explique le directeur de Tecosol, Pierre Dufresne. «Comme entreprise soucieuse de protéger l'environnement, on se doit de participer au développement de solutions durables pour traiter ces sols, au lieu d'enfouir ces contaminants, comme on le voit trop souvent.»
Un premier test, réalisé sur quatre tonnes de matériaux, a été fait avec succès dans le Parc technologique de Québec sur des sols provenant de la Défense nationale. Cette nouvelle phase vise à traiter 100 tonnes en quatre mois.
Tecosol s'est associée en 2009 à l'Institut national de la recherche scientifique pour commercialiser le procédé au Canada, aux États-Unis et éventuellement en Europe. Des demandes de brevet ont été déposées pour tous ces marchés.
Première canadienne
Ce projet est une première canadienne. Il intéresse la Défense nationale, mais aussi les autres ministères, au fédéral comme au provincial, indique Claude Langlois, chef de la section environnement pour le Québec, au ministère de la Défense nationale. «Le gouvernement fédéral a lancé un programme de restauration en cours, pour des travaux qui s'étaleront jusqu'en 2020.»
Ce projet est une première canadienne. Il intéresse la Défense nationale, mais aussi les autres ministères, au fédéral comme au provincial, indique Claude Langlois, chef de la section environnement pour le Québec, au ministère de la Défense nationale. «Le gouvernement fédéral a lancé un programme de restauration en cours, pour des travaux qui s'étaleront jusqu'en 2020.»
La contamination provient de l'activité industrielle comme militaire, précise-t-il. On a même découvert des HAP dans les champs de... tirs aux pigeons d'argile. «Le liant utilisé pour fabriquer le pigeon d'argile contient du HAP, au point où la pratique a été abolie à Valcartier depuis 2005», explique M. Langlois. Il s'agissait essentiellement d'une activité récréative, a-t-il précisé.
Enfin, selon le professeur Guy Mercier, de l'INRS, il s'est traité ou enfoui 400 000 tonnes de sols contaminés au Québec en 2005.
«On doit pouvoir traiter les sols à moindre coût que l'enfouissement, dit-il. C'est un marché mondial en explosion. On vient d'octroyer un contrat de 400 millions $ pour traiter un million de tonnes en Nouvelle-Écosse, alors qu'au Waterfront de Toronto, des compagnies sont en phase de démonstration pour obtenir un contrat portant sur le traitement de deux millions de tonnes de matériaux contaminés. Si on ne développe pas nos propres outils, on va devoir payer pour des technologies venues d'ailleurs.»
Source: Le-Soleil – Mon, 15 Nov 2010 16:35 EST, Essai d'un nouveau procédé de traitement des sols contaminés
Bonjour,
RépondreEffacerEffectivement, la décontamination des sites pollués par les métaux ou affectés par une contamination mixte (métaux + contaminants organiques) est un marché encore à développer au Canada et en particulier au Québec.
Pourtant, depuis le début des années 2000, des technologies ont été développées et démontrées dans des projets pilotes ou à l’échelle du terrain au Québec. Les métaux n’ont pas eu beaucoup d’intérêt pour les entreprises québécoises du marché de la réhabilitation car les réactions des acteurs concernés du secteur sont les suivantes: (1) les métaux, ah, c’est compliqué!; (2) pas de technologies « universelles » adaptables à un éventail varié de cas et de types de sols à traiter; (3) les technologies développés sont souvent spécifiques à un projet de référence et peu adaptables à d’autres cas; (4) les technologies proposées ou disponibles sont souvent jugées peu couteuses et non concurrentielles par rapport à l’enfouissement autorisé par les règlements; (5) marché jugé peu rentable ou trop fastidieux à développer au regard du traitement des polluants organiques et au nombres plus important de sites contaminés par les polluants organiques.
Pourtant, depuis la fin des années 1990, il existe un éventail assez varié de technologies capable de traiter efficacement les sols contaminés par les métaux. Deux approches sont possibles: (1) l'immobilisation ou stabilisation des métaux dans le sol; (2) l'extraction ou séparation sélective des métaux du sol (comme c'est le cas dans la technologie démontrée ici par Tecosol). Ces deux approches peuvent se faire par des techniques in-situ ou ex-situ. Il y a de nombreux cas de projets à l'échelle pilote ou à l'échelle commerciale réalisés depuis 1990 aux États-Unis, Canada et Europe.
Pour plus de renseignements à ce sujet, je vous invite à consulter deux documents qui détaille les enjeux techniques et scientifiques de la gestion et du traitement des sols contaminés par les métaux (disponible sur demande à dermonge@gmail.com) :
-Dermont et al. (2008a). Metal-contaminated soils: remediation practices and treatment technologies. Practice Periodical of Hazardous, Toxic, and Radioactive Waste Management, 12, 188-209. (ASCE Publications). http://dx.doi.org/10.1061/(ASCE)1090-025X(2008)12:3(188)
-Dermont et al. (2008b). Soil washing for metal removal: a review of physical/chemical technologies and field applications. Journal of Hazardous Materials,152, 1-31.
http://dx.doi.org/10.1016/j.jhazmat.2007.10.043
dermonge@gmail.com